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Bien-être animal en captivité : l’expression naturelle des comportements

Elevage en captivité

La captivité des animaux est un sujet de débat passionné. D’un côté, elle est une nécessité pour la conservation des espèces, un lieu d’étude et de sensibilisation pour le grand public. De l’autre, elle soulève des questions éthiques importantes concernant le bien-être animal. Comment garantir que les spécimens captifs puissent exprimer leurs comportements naturels propres à chaque espèce ?

Le bien-être animal : un concept multidimensionnel

En 2018, l’Anses a défini le bien-être animal ainsi :

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie « en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

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Cette définition est scientifiquement validée pour tous les vertébrés et tend à s’étendre aux invertébrés. Les récentes publications scientifiques vont en ce sens. Elle peut toutefois apparaître difficile à mettre en pratique afin d’évaluer le bien-être d’un animal car l’état mental n’est pas toujours facilement appréciable. C’est pourquoi, une définition opérationnelle du bien-être animal (que l’on appelle aussi « les 5 libertés ») a été élaborée.

Le bien-être animal est bien plus que l’absence de maladie ou de blessures. Il englobe également l’état physique et mental, l’appréhension de son environnement et à ressentir des émotions / sensations positives. Un animal en captivité ne doit pas seulement vivre, il doit aussi pouvoir s’épanouir. Il s’agit d’un sujet de préoccupation croissante dans notre société. Désormais reconnu comme des êtres sensibles, les animaux méritent donc d’être traités avec respect et dignité.

Il existe de nombreuses définitions du bien-être animal, mais elles ont toutes un point commun : elles mettent l’accent sur la qualité de vie de l’animal. A cela doit s’ajouter la prise en compte de l’état de santé et la possibilité d’exprimer les comportements naturels spécifique à chaque espèce.

Le bien-être animal est influencé par de nombreux facteurs :

L’environnement : le milieu de vie d’un animal doit être adapté à ses besoins. Il doit être de taille approprié, sûr et stimulant. Il est possible d’améliorer le bien-être des animaux en captivité en mettant en place des environnements enrichis : il s’agit de recréer un environnement au plus près de celui de l’animal dans la nature, avec des éléments naturels quand on le peut ou artificiels, des cachettes, des zones d’exploration, etc. afin de stimuler ce dernier et éviter les stéréotypies (les stéréotypies se définissent comme des comportements répétitifs, invariants, sans but ou fonction apparents (Mason, 1991) ).

L’alimentation par l’absence de faim et de soif : tout animal doit recevoir une alimentation adaptée à ses besoins physiologiques.

Les soins par l’’absence de douleur, de blessure, de maladie : tout animal doit recevoir les soins nécessaires pour  le maintiende sa bonne santé physique et mentale.Il faut également veiller à ce que les animaux reçoivent les soins vétérinaires adaptés et préventifs (vaccins, anti parasitaires), en cas de pathologies ou de blessures. La connaissance de ses animaux et le suivi journalier est donc une nécessité afin d’anticiper tout signe anormal conduisant à la prise en compte d’une situation d’éventuel mal-être.

L’absence de peur et d’anxiété : l’animal ne doit pas ressentir d’émotions négatives et doit pouvoir ressentir des émotions positives. Tout stress doit être minimisé et cela dès l’arrivée du premier individu.

L’expression du comportement : il exprimable de façon naturelle et spécifique de chaque espèce. Exemple : un animal grégaire doit avoir la possibilité d’interagir avec d’autres spécimens et/ou les humains de manière positive.

Il est important de noter que le bien-être animal est un concept assez subjectif. La notion de bien-être animal est spécifiquement liée à chaque espèce, voir à chaque individu. Le bien-être animal est un enjeu majeur de notre société. Il est de notre responsabilité de détenteur de veiller à ce que les animaux soient traités avec respect et dignité.

Le bien-être animal, la bientraitance et la bienveillance sont des concepts distincts.

La bien-traitance est une obligation de moyens, qui se définit comme la volonté de satisfaire les besoins des animaux dans leur environnement pour atteindre un état de bien-être. Elle ne garantit cependant pas le bien-être de l’animal, car celle-ci dépend de la perception de chaque personne et constitue une obligation de résultats. Par exemple, certaines actions humaines, même bien intentionnées, peuvent être perçues négativement par l’animal.

La bienveillance, quant à elle, est une intention ou un état d’esprit qui se traduit par le respect de l’animal, lasympathie envers ce dernier, voir l’empathie. Bien qu’elle soit nécessaire à la bientraitance, elle ne  garantit pas le bien-être de l’animalet peut même être contraire si l’anthropomorphisme prend le dessus dans le processus de réflexion.

En résumé, la bientraitance est une action qui vise le bien-être animal, mais ne le garantit pas toujours, tandis que la bienveillance est une intention positive envers les animaux, mais qui nécessite entre autre, une connaissance approfondie de leurs besoins pour être réellement bénéfique.


L’expression des comportements naturels : un besoin fondamental

Chaque espèce animale a des besoins comportementaux spécifiques. Pour résumer certaines ont des besoins de prédation, d’autres de se construire des nids / tanières, d’interaction avec leurs congénères, etc. mais tous ont la volonté de perpétuer l’espèce.

La captivité peut parfois limiter l’expression de ces comportements naturels, entraînant stress, l’ennui et provoquer des troubles. L’expression de ces derniers est un sujet complexe et souvent controversé. Il est important de comprendre que les animaux, qu’ils s’agissent d’animaux en parc zoologique, ou d’animaux d’espèces non domestiques maintenus comme animaux de compagnie, sont privés d’un environnement naturel. Ces privations entrainent la perte des challenges imposés à chaque espèce. Cela peut avoir un impact sur leur capacité à exprimer pleinement les comportements propres à chaque individu / espèce.

Cependant, il est également important de noter que les animaux maintenus ne sont pas nécessairement stressés. De nombreuses espèces s’adaptent plus que bien à la captivité et sont capables de mener une vie plus longue, en meilleure santé et épanouie, ne serait-ce que par l’absence de prédation mais aussi par la prise en compte des maladies. De nos jours, les parcs zoologiques s’efforcent de créer des environnements qui se rapprochent le plus possible des résultats des études d’éthologie mené en milieu naturel, afin de permettre aux animaux d’exprimer au mieux leurs comportements naturels en milieu fermé.

Voici quelques exemples de comportements naturels que les animaux doivent pouvoir  exprimer en captivité :
  • Comportements de recherche de nourriture : les animaux ont toujours besoin de chercher leur nourriture, même si celle-ci leur est fournie. Il existe des techniques d’enrichissement pour encourager les animaux à chercher leur nourriture, par exemple en cachant la nourriture dans des endroits difficiles d’accès. A cela s’ajoute la diversité alimentaire.
  • Comportements sociaux : les espèces sociales ont besoin d’interagir avec d’autres individus de leur espèce. Les éleveurs sérieux s’efforcent de maintenir des groupes sociaux stables pour permettre aux animaux d’exprimer leurs comportements sociaux naturels.
  • Comportements de reproduction : la reproduction est un comportement naturel primordial et inné pour toutes les espèces animales. Il s’agit de mener à bien l’action de perpétuer l’espèce et cela est repris dans l’esprit de la conservation ex-situ. Les parcs zoologiques, les éleveurs privés s’attachent à recréer des conditions qui encouragent la reproduction de leurs animaux, afin de maintenir des populations saines mais également afin de  limiter voir stopper in fine les prélèvements en milieu naturel.
  • Les stimuli psychologiques : le jeu est un comportement important pour les jeunes animaux, mais aussi pour de nombreux animaux adultes. Nous pouvons fournir des jouets ou d’autres accessoires pour favoriser une dépense physique et initier des séances ludiques. Le jeu est une manière d’apprendre les rudiments des comportements sociaux et alimentaires Afin de stimuler l’intellect propre à chaque individu, la nouveauté est un facteur très important il faut dans la mesure du possible proposer des activités variées aux animaux, comme des jeux, des défis, des interactions sociales avec l’humain positives, voir varier leur environnement...

Il est important de noter que tous les animaux ne sont pas capables d’exprimer tous leurs comportements naturels en captivité. Certains animaux, par exemple, ont besoin de vastes territoires pour chasser ou se reproduire. Il est impossible de recréer ces conditions en captivité. Cependant, les parcs zoologiques et les autres institutions qui détiennent des animaux en captivité ont la responsabilité demettre en œuvre pour permettre à leurs pensionnaires d’exprimer leurs comportements naturels.

Le bien-être animal en captivité est un défi au quotidien. Il nécessite une remise en question constante des pratiques, une observation attentive des animaux et une volonté d’améliorer leurs conditions de vie. La prise en compte de ce bien-être commence donc bien avant l’acquisition de nouveaux spécimens de par la connaissance de l’espèce et la conception des structures.

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